Après de nombreuses années à la tête du Syndicat Chimie Énergie CFDT Bretagne, Isabelle Rault a passé le flambeau de secrétaire générale de syndicat à Alexandra Bruneau, militante engagée de la première heure. « Devenir secrétaire générale, c’est un défi que j’ai accepté de relever […] parce que je savais que je pouvais apporter de la stabilité, du cadre et une dynamique collective solide. » C’est en ces mots qu’Alexandra décrit les raisons qui l’ont poussée à se lancer dans ce nouveau mandat. Une dynamique collective, avec en ligne de mire, la défense des droits et de la dignité des salariés. Un programme fédérateur qui fait écho aux valeurs essentielles que porte la CFDT.
MAG FCE : Bonjour Alexandra, peux-tu nous parler de ton parcours professionnel et syndical, et nous expliquer ton choix d’adhérer à la CFDT ?
Il y a une dizaine d’années, on est venu me chercher pour figurer sur une liste syndicale. J’ai accepté, mais pas pour faire de la figuration. J’ai posé une condition simple : si je m’engage, c’est en position éligible, en haut de liste, avec une vraie capacité d’agir.
Cet engagement clair a porté ses fruits. Collectivement, nous avons réussi à faire de la CFDT l’organisation majoritaire, avec plus de 60 % des voix. Ce résultat, je le vois comme la preuve qu’une autre manière de faire du syndicalisme est possible : proche du terrain, exigeante, crédible, et tournée vers le collectif plutôt que vers soi-même.
Par la suite, j’ai pris la responsabilité de déléguée syndicale centrale. Ce n’était pas prévu au départ, mais des problématiques de personnes, de sexisme et de fonctionnement interne dans la section ont rendu indispensable une prise de relais. Je n’ai pas cherché le titre, j’ai cherché à remettre de l’ordre, de la cohérence, et surtout du respect. Assumer ce rôle, c’était refuser que des comportements sexistes ou des logiques de pouvoir prennent le dessus sur l’intérêt des salarié(e)s. C’était aussi montrer qu’une femme peut tenir la barre, poser un cadre, et reconstruire une dynamique collective solide. La CFDT est le syndicat qui me ressemble le plus, notamment dans sa manière d’aborder le dialogue social. J’y retrouve une approche constructive, exigeante et respectueuse… on ne fait pas semblant de discuter, on discute vraiment. On écoute, on argumente, on négocie, on obtient. Cette façon de travailler correspond à ce que je suis, à savoir quelqu’un qui préfère la clarté à la confrontation stérile, l’efficacité aux slogans, et le collectif aux egos. C’est pour ça que je me suis engagée à la CFDT, et c’est pour ça que j’y suis restée.
MAG FCE : Comment as-tu rejoint le Syndicat Chimie Énergie Bretagne, et quelles étaient tes premières fonctions ?
J’ai rejoint le Syndicat Chimie Énergie Bretagne parce qu’on m’a, d’abord, proposé d’intégrer le conseil syndical, puis l’exécutif en 2020. On m’a également confié la mission de responsable du développement sur deux départements. Ces responsabilités m’ont permis de découvrir, non seulement le fonctionnement opérationnel du syndicat, mais aussi son fonctionnement politique. Comprendre cette dimension politique a été essentiel pour moi. Cela m’a donné une vision plus large du syndicalisme, au delà de l’entreprise, et m’a permis de mieux saisir les enjeux stratégiques.
MAG FCE : Aujourd’hui, tu es secrétaire générale, est-ce que cette décision a été facile à prendre, et que souhaites-tu mettre en place durant ton mandat ?
J’ai aussi été sollicitée pour des mandats interprofessionnels, d’abord comme secrétaire départementale à l’union territoriale de Vitré, puis comme secrétaire générale adjointe de l’union départementale de Rennes pendant environ deux ans. Ces expériences m’ont permis de comprendre le fonctionnement politique de l’organisation et de construire un réseau solide qui me sera très utile dans mon mandat actuel. Mais j’ai fait un choix réfléchi : revenir au champ professionnel. Le champ professionnel, c’est ce qui me ressemble le plus. Être au contact des sections, accompagner les équipes, agir concrètement pour les salarié(e)s et faire vivre un dialogue social exigeant et efficace. Devenir secrétaire générale, c’est un défi que j’ai accepté de relever. Pas pour la fonction en elle même, mais parce que je savais que je pouvais apporter de la stabilité, du cadre et une dynamique collective solide.
MAG FCE : Au-delà de tes fonctions de secrétaire générale, tu viens également d’être nommée membre de CDF. Pourquoi avoir accepté ce mandat supplémentaire et comment vois-tu les liens avec les autres membres ?
Au delà de mes fonctions de secrétaire générale, j’ai accepté d’être membre du CDF parce que cela me semblait tout simplement logique. En tant que secrétaire générale, c’est important d’avoir une vision politique complète de la Fédération, de comprendre les orientations, les débats, les enjeux nationaux, et la manière dont tout cela se traduit dans nos territoires et nos champs professionnels. J’ai accepté ce mandat supplémentaire parce qu’il me permet d’être plus efficace dans mon rôle, de mieux représenter les équipes, et d’assurer une cohérence entre le terrain, le Syndicat Bretagne et la Fédération.
Quant aux liens avec les autres membres, je les vois dans une dynamique de travail collectif, de respect mutuel et de complémentarité. Chacun arrive avec son expérience, son regard, son territoire. L’enjeu, pour moi, c’est de créer des ponts, de faire circuler les informations, et de contribuer à une vision commune qui serve réellement les salarié(e)s et les équipes.
MAG FCE : Pour finir, quelles sont tes perspectives pour l’avenir… vis-à-vis de ton syndicat, de la Fédération et de la CFDT, en général ?
Pour l’avenir, je veux rester dans une dynamique cohérente avec ce que je suis : dire les choses franchement, mais toujours dans le respect. Pour mon syndicat, ma priorité est de consolider une équipe solide, sereine et efficace, où chacun connaît sa place et peut s’exprimer. Je veux un fonctionnement clair, transparent, et une vraie proximité avec les sections, parce que c’est là que tout commence.
Et pour la CFDT, en général, je veux continuer à défendre un syndicalisme exigeant, crédible et utile. Un syndicalisme qui construit, qui négocie, qui obtient, sans renoncer à ses valeurs. Un syndicalisme qui parle vrai, qui respecte les personnes, et qui reste connecté à la réalité du travail.
C’est cette cohérence là que je veux porter, aujourd’hui et pour la suite.





