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TRANSPARENCE SALARIALE : L’ÉGALITÉ NE PEUT PLUS ATTENDRE !

La directive européenne 2023/970, adoptée le 10 mai 2023, marque un tournant majeur : elle impose aux employeurs de garantir l’égalité de rémunération entre femmes et hommes pour un même travail ou un travail de valeur égale pour les entreprises dès 50 salariés. Elle renforce les droits des salariés à l’information et oblige les entreprises à objectiver leurs grilles de salaires. Concrètement, cela signifie : publication des fourchettes de rémunération dans les offres d’emploi, interdiction de demander l’historique salarial des candidats, obligation d’agir dès qu’un écart supérieur à 5% est constaté et renversement de la charge de la preuve en cas de contentieux.

Cette directive doit être transposée dans le droit français au plus tard le 7 juin 2026 mais le plus tôt sera le mieux. En effet, le risque d’une loi omnibus existe : noyée dans un texte de modification de plusieurs lois, la portée politique et sociale de cette avancée pourrait être minimisée. La CFDT alerte sur ce danger : l’égalité salariale mérite un débat parlementaire
à part entière.

Pour les entreprises françaises, l’impact est considérable. La culture du secret autour des rémunérations va être bousculée. Les directions devront revoir leurs pratiques RH, mettre en place des référentiels transparents et accepter un contrôle accru des représentants des salariés. Or, à 6 mois de l’échéance, près de 94% des entreprises ne sont pas prêtes. Ce retard illustre la résistance d’un système qui a longtemps toléré des écarts injustifiés.

Les enjeux sont immenses : en France, l’écart salarial moyen reste de 22,2% en défaveur des femmes, et les pensions de retraite accusent encore un différentiel de 27%. À l’échelle européenne, les femmes perçoivent en moyenne 12% de moins que les hommes. Certes, la France se classe deuxième au Gender Equality Index 2025, mais cette position flatteuse masque des inégalités persistantes dans l’accès aux postes de pouvoir et dans la répartition des tâches domestiques.

Face à ce constat, la CFDT revendique une mise en œuvre ambitieuse de la directive : transparence totale des grilles salariales, renforcement du rôle des CSE, sanctions effectives en cas de manquement, et accompagnement des entreprises pour transformer leurs pratiques. Pour la FCE-CFDT, l’égalité salariale n’est pas une option mais un droit fondamental. La transparence doit devenir un levier de justice sociale et de reconnaissance du travail de toutes et tous.

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