Nos partenaires

TROUVEZ LE SYNDICAT LE PLUS PROCHE DE VOUS

SANTÉ MENTALE : AGISSONS SYNDICALEMENT CONTRE L’IGNORANCE ! // ACTE 2

Après le succès de la première journée dédiée à la santé mentale, en 2025, 55 militants ont pu participé à cette seconde édition organisée par le secteur Santé et Sécurité au travail de la Fédération, le jeudi 7 mai 2026. Laure Lamoureux, secrétaire générale de la FCE-CFDT, a introduit cette journée. À nouveau, en 2026, la santé mentale a été désignée Grande Cause nationale, soulignant l’urgence d’agir face à une dégradation généralisée du bien-être psychique.

Le dernier rapport de l’Organisation internationale du Travail (OIT) d’avril 2026 sur les risques psychosociaux montre que plus de 840 000 décès par an sont dus à des troubles mentaux et des maladies cardiovasculaires en lien avec les RPS. L’OIT souligne que « les risques psychosociaux liés au travail constituent une menace majeure et croissante pour la sécurité et la santé des travailleurs, la productivité organisationnelle et, plus largement, la performance économique mondiale » (n’hésitez pas à aller consulter ce rapport détaillé : Le milieu de travail sur le plan psychosocial évolutions et pistes d’action mondiales.pdf).

Le travail, lorsqu’il est mal organisé ou dégradé, quand la pression écrase, quand le sens disparaît, devient un facteur de risque. Mais il peut être un levier de santé mentale lorsqu’il favorise l’épanouissement, la reconnaissance et le lien social. C’est ce travail-là que nous voulons construire à la CFDT !

C’est pourquoi, à la FCE-CFDT, nous avons fait le choix de parler de la santé mentale, de donner des éléments de compréhension et des leviers d’actions syndicales.

La santé mentale est une composante essentielle de la santé globale. Elle ne se limite pas à l’absence de troubles psychiques, mais englobe le bien-être émotionnel, psychologique et social.

Comme l’a rappelé Benjamin Paty de l’INRS dans son introduction du sujet, en France, 2291 maladies professionnelles sont liées à des troubles psychiques, selon un rapport de l’Assurance Maladie de 2023, soit environ 25% de plus qu’en 2022 (453 cas supplémentaires).

Les risques psychosociaux (RPS) sont des risques pour la santé mentale, physique et sociale, engendrés par les conditions d’emploi et les facteurs organisationnels et relationnels (facteurs de risques) susceptibles d’interagir avec le fonctionnement mental. Ils s’analysent au regard de l’activité concrète des salariés et par l’observation du travail réel.

Ils correspondent à des situations de travail où sont présents, combinés ou non, du stress, des violences internes, des violences externes.

Ce sont des risques qui peuvent être induits par l’activité elle-même ou générés par l’organisation et les relations de travail. C’est la présence de facteurs de risques qui provoque les RPS. Et, c’est en étant exposés à ces RPS que les salariés voient leur santé se dégrader. Gollac et Bodier  (2011) proposent 6 familles de facteurs de risques : intensité du travail et temps de travail, exigences émotionnelles, manque d’autonomie, mauvaise qualité des rapports sociaux au travail, conflits de valeur, insécurité de la situation de travail.

Les troubles psychosociaux correspondent aux conséquences négatives pour la santé ou la sécurité du salarié lorsque le risque est réalisé, ils peuvent prendre différentes formes, comme des troubles anxio-dépressifs, des TMS, des maladies cardiovasculaires, des troubles du sommeil…

Au-delà de l’obligation pour l’employeur de protéger ses salariés, les RPS ont également des conséquences sur l’entreprise : augmentation de l’absentéisme, hausse du turnover et difficultés de recrutement, baisse de la productivité et de la qualité…

Pour agir sur les RPS, il faut agir sur leurs causes, donc sur les 6 grandes familles de facteurs de risques identifiées en allant sur le terrain analyser le travail réel et en regardant l’écart avec le travail prescrit.

Christelle Monier, déléguée fédérale en charge de la Santé et de la Sécurité au travail, a rappelé que, pour agir, il faut d’abord savoir identifier les signaux d’alerte ainsi que les différents acteurs mobilisables.

La prévention repose sur les 3 niveaux : primaire – agir sur les causes (organisation, conditions de travail), secondaire – détecter les signaux et les symptômes, former, sensibiliser, et tertiaire – accompagner les personnes en souffrance.

Pour être le plus efficace possible, il faut agir en prévention primaire, cela impose d’agir sur l’organisation du travail et l’amélioration des conditions de travail. Mais il ne faut pas oublier la formation des salariés et des dirigeants ainsi que l’accompagnement des personnes en souffrance.

Il existe plusieurs modules de formation pour les militants de la FCE-CFDT qui sont à l’offre de formation d’Idéforce, comme la formation « RPS » ou le programme « Premiers Secours en santé mentale » (PSSM).

L’action syndicale de terrain doit se développer avec l’ensemble des militants présents dans les IRP.

Le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) doit intégrer les risques psychosociaux. Le CSE est un acteur central de la prévention. Il peut déclencher une procédure d’alerte en cas de danger grave et imminent et participe à l’élaboration du DUERP et à la mise en œuvre des actions de prévention.

Cette journée s’inscrit pleinement dans le cadre des orientations fédérales votées au congrès de Lille en 2025, et dont les enjeux identifiés sont de faire de la santé mentale un pilier du dialogue social et de la prévention, de relier santé mentale et transition juste, de garantir l’accès aux soins partout, de lutter contre la stigmatisation, de former et d’outiller nos militants.

Elle s’inscrit également dans le cadre plus général des travaux menés avec la Confédération autour du « travail que nous voulons », dont le 5e axe est de faire du travail un facteur de santé. La CFDT y propose et revendique que la prévention primaire et la prise en charge de la santé au travail s’effectuent au plus près des travailleurs(euses), que la prévention des risques psychosociaux et la prise en charge effective des troubles psychosociaux soient renforcées dans les entreprises et que la reconnaissance des pathologies psychiques dues au travail soit améliorée.

Nicolas Sandret (ex-médecin inspecteur régional du travail et clinicien à la consultation de pathologies professionnelles) et Jean-Louis Osvath (ex-inspecteur du travail) du réseau Souffrance & Travail sont tout d’abord intervenus pour expliquer que le travail peut être constructeur et permettre de se développer à condition que l’on tienne compte du travail réel, et non pas du travail prescrit.

Puis, quelques conseils méthodologiques à appliquer lors d’un entretien avec un salarié en souffrance psychique ont été partagés avec les militants avant de passer à l’analyse d’un cas pratique basé sur la projection d’un film issu d’une situation réelle vécue dans une consultation chez Nicolas Sandret.

À l’issue des travaux, chaque groupe a présenté sa synthèse à l’ensemble des participants et nos deux intervenants ont apporté des compléments ainsi que des compliments aux participants.

Après la clôture de la journée par Romuald Fontaine, les participants ont testé les connaissances acquises au cours de la journée via un quiz de 11 questions. Les 10 premiers gagnants ont reçu le livre Prévenir et Soigner le burn-out pour les Nuls, dédicacé par son auteure Marie Pezé, et les 3 premiers, en complément, un cadre sable mouvant 3D décoratif au logo de la journée.

Pour conclure, rappelons-nous qu’ensemble nous pouvons faire tomber les tabous, ouvrir le dialogue et œuvrer à la construction des environnements de travail où la santé mentale est une priorité réelle.

 

À LIRE AUSSI

Send this to a friend