Une crèche qui réduit ses horaires, un réseau de chaleur reporté, une aide à domicile devenue inaccessible… derrière les finances locales, il y a la vie. Les collectivités organisent une part majeure des services dont les salariés et leurs familles ont besoin. Affaiblir leurs moyens, c’est fragiliser le travail, les solidarités et la capacité des territoires à préparer l’avenir.
Le débat budgétaire appelle donc à une vigilance syndicale sur deux fronts : le projet de loi de finances, qui concerne les dotations de l’État, et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, dont les choix touchent la protection sociale. Leurs effets doivent être examinés ensemble. Une économie affichée dans un budget peut devenir une charge pour un autre, puis une difficulté concrète pour les habitants.
Les retraites des agents territoriaux illustrent cette tension. La hausse des cotisations employeurs à leur caisse, la CNRACL, est déjà programmée par décret : le taux doit passer de 37,65% en 2026 à 40,65% en 2027. Garantir les pensions est indispensable. Mais financer cet engagement sans donner aux employeurs publics les moyens de l’assumer risque de peser sur les recrutements, les conditions de travail et les services rendus. Opposer les droits des agents aux besoins des usagers serait une impasse.
Pour les salariés de nos industries, l’enjeu est aussi direct. Des transports adaptés aux horaires de travail, des logements accessibles, des réseaux d’énergie modernisés : l’activité industrielle a besoin de territoires capables d’investir. Reporter la rénovation des bâtiments ou les projets de décarbonation, c’est aussi fragiliser des commandes, des emplois et des compétences. La transition écologique ne se décrète pas depuis Paris en retirant aux acteurs locaux les moyens de la réaliser.
La CFDT défend une protection sociale solidaire et un financement durable de la transition juste. Cette exigence doit guider les arbitrages : des ressources prévisibles, une solidarité renforcée entre territoires et une évaluation des conséquences sociales des économies proposées. Le dialogue avec les représentants des salariés doit permettre de partir des besoins réels.
Redresser les comptes publics exige des choix. Nous demandons qu’ils soient justes, débattus et soutenables. Faire payer les mêmes, par moins de services et davantage de dépenses contraintes, ne construit aucun avenir. Le budget doit donner aux territoires les moyens d’agir.





