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DÉCONNECTER POUR NE PAS S’ÉPUISER : LE REPOS EST AUSSI UN COMBAT

L’été est là, et avec lui une invitation simple : oser vraiment couper. Poser le téléphone, fermer la boîte mail, laisser le travail à sa juste place. Ce qui devrait aller de soi est devenu, pour beaucoup, un petit acte de résistance.

Souvenons-nous : le droit au repos n’a jamais été offert. Les congés payés se sont arrachés pas à pas : deux semaines en 1936, trois en 1956, quatre en 1969 et cinq en 1982. Chaque avancée l’a rappelé : le temps pour vivre, se retrouver, reprendre souffle, est une conquête sociale.

Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus seulement d’avoir droit à des congés. Il est aussi de pouvoir réellement couper. La déconnexion n’est donc pas une simple question de confort individuel. C’est une condition concrète du droit au repos : sans ça, on revient de congés aussi fatigués qu’avant de partir.

Le travail, lui, ne s’arrête pas toujours à la porte du bureau, et pour nous, militants et militantes, l’engagement non plus. Le soir, le week-end, dossiers, courriels, messages et notifications continuent parfois de nous solliciter. Les outils numériques brouillent la frontière entre travail, engagement et vie personnelle.

Nous sommes en première ligne. Parce que nous aimons ce que nous faisons. Parce qu’un dossier urgent ne prévient pas. Parce qu’un collègue en difficulté compte sur nous. Alors on répond, on reste disponible, on donne encore. Or, un syndicalisme qui épuise ses forces vives se fragilise lui-même. Notre combat est de longue haleine : il a besoin de militants et militantes qui durent, pas qui se consument.

Déconnecter, ce n’est pas abandonner. C’est appliquer à nous-mêmes ce que nous défendons pour les salariés. C’est rappeler que l’engagement ne vaut pas épuisement. La solidarité, c’est aussi se relayer plutôt que s’épuiser chacun dans son coin.

Alors cet été, où que vous soyez, lâchez prise pour de vrai. Coupez vraiment : pas un œil sur les notifications, pas l’autre sur la boîte mail. Retrouvez les vôtres, le silence, la nature, le temps qui ralentit. Redonnez-vous le droit de ne rien faire. Rechargez-vous pour de bon.

La rentrée viendra, et les combats seront toujours là. Nous les mènerons mieux, plus loin, plus fort, si nous avons su nous accorder le droit de souffler. Le repos n’est pas une parenthèse dans notre combat : il en fait partie.

Prenez soin de vous, prenez soin les uns des autres. La FCE-CFDT vous souhaite de bonnes vacances et vous invite, cet été, à vous reconnecter à l’essentiel !

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