Le 28 avril, Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, n’est pas et ne devrait jamais être un simple rendez-vous symbolique. C’est avant tout une journée de commémoration : celle des travailleurs et des travailleuses morts ou blessés dans l’exercice de leur travail. Les chiffres sont là, et ils sont brutaux. Chaque année dans le monde, environ
2,93 millions de personnes meurent des suites d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle1. Deux millions neuf cent trente mille, ce n’est pas un chiffre abstrait !
En 2026, l’Organisation internationale du Travail a ciblé sa campagne sur la promotion d’un environnement de travail psychosocial sain. Derrière ce terme encore trop souvent édulcoré, la réalité est connue : charges de travail devenues intenables, rôles flous, manque d’autonomie, collectifs fragilisés, organisations opaques ou injustes.
Ces situations ne sont ni marginales ni accidentelles. Elles s’installent, se banalisent et finissent par être tolérées tout en étant encore trop souvent mal nommées. Non, les risques psychosociaux ne relèvent pas de fragilités individuelles. Ils ne sont pas le signe d’une incapacité à « tenir ». Ils sont le produit d’organisations du travail dégradées, le résultat de choix de gestion, d’organisation ou de politique économique. Or, l’employeur a l’obligation de protéger la santé physique et mentale des travailleurs et des travailleuses. C’est un droit fondamental, pas une variable d’ajustement !
Tant que ce constat sera esquivé, les réponses resteront « cosmétiques » : dispositifs d’écoute déconnectés du travail réel, numéros verts ou accompagnements ponctuels. Des réponses qui soulagent les apparences mais évitent la seule question qui compte : comment le travail est-il organisé ?
La FCE-CFDT refuse de détourner le regard. Nommer ces risques pour ce qu’ils sont, c’est ouvrir la possibilité de les transformer. Ce qui est construit peut être déconstruit. Ce qui est décidé peut être renégocié. C’est le sens de l’action syndicale : faire de l’organisation et de la charge de travail des objets de négociation, exiger la clarté des missions, rendre effectif le soutien managérial et redonner du pouvoir d’agir aux collectifs.
La prévention au travail ne se décrète pas. Elle se construit au plus près du travail réel, avec des représentantes et représentants du personnel formés et reconnus. Les travailleurs et les travailleuses ne demandent pas à être réparés, mais simplement à ne pas être abîmés !





