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élections TotalEnergies : une campagne 2.0

Après une campagne électorale menée tambour battant, les résultats sont tombés. Geoffrey Caillon, délégué fédéral et coordinateur syndical de la liaison TotalEnergies, revient sur le parcours d’une équipe CFDT soudée, engagée et combative. Présence terrain, réseaux sociaux, communication ciblée : retour sur une campagne pensée pour renforcer durablement l’implantation de la CFDT aujourd’hui… et préparer l’avenir.

      

Après une campagne électorale menée tambour battant, les résultats sont tombés. Geoffrey Caillon, délégué fédéral et coordinateur syndical de la liaison TotalEnergies, revient sur le parcours d’une équipe CFDT soudée, engagée et combative. Présence terrain, réseaux sociaux, communication ciblée : retour sur une campagne pensée pour renforcer durablement l’implantation de la CFDT aujourd’hui… et préparer l’avenir.

MAG FCE : Geoffrey, peux-tu nous expliquer l’architecture du Groupe TotalEnergies ?
Le Groupe TotalEnergies est structuré autour de trois unions économiques et sociales (UES). Ensemble, elles constituent le périmètre de la négociation collective et regroupent 17 336 électeurs inscrits.

MAG FCE : Quel est le dispatching par branche ?
Les électeurs sont répartis sur trois périmètres distincts. L’Amont Global Services Holding (AGSH) regroupe les activités Énergies renouvelables, Exploration-Production, Gaz renouvelables & Power, la branche One Tech, ainsi que les fonctions support (paie, achats, informatique, RH…). Ce périmètre représente environ 8 000 salariés. Le périmètre Raffinage-Pétrochimie (RP) s’articule autour du siège du raffinage à Paris et de plusieurs sites industriels : raffineries, bioraffinerie, et un site pétrochimique en Moselle seul à dépendre de la convention collective de la Chimie. Enfin, le périmètre Marketing & Services (MS) comprend deux sièges parisiens, des sites industriels à Rouen et Givors, ainsi que deux directions régionales à Nantes et Lyon. La représentativité syndicale globale est calculée à partir de ces trois périmètres.

MAG FCE : Quelle est la place de la CFDT à la suite des élections ?
TotalEnergies compte désormais 19 CSE, dont 4 sous présidence CFDT, pour une visibilité globale de 23 %. Par rapport à 2022, la participation a progressé de 1 802 voix. C’est un signal important : nous gagnons des voix dans un contexte de mobilisation plus forte. Si nous maintenons cette dynamique, dans trois ans et demi, une progression plus significative est possible. L’enjeu est désormais clair : passer en mode développement, favoriser le renouvellement des équipes et consolider notre implantation. Un élément très positif : près d’un quart des électeurs CFDT sont de nouveaux votants.

MAG FCE : Justement, quelles actions ont été mises en place pour attirer ces nouveaux électeurs ?
Nous avons mené une campagne dense et structurée : communication multicanale, vidéos, supports visuels, présence renforcée sur le terrain. En amont, nous nous sommes appuyés sur l’outil enquête Flash pour aller à la rencontre des salariés, écouter leurs attentes et ajuster notre discours. La visibilité reste la clé : le contact terrain ne se remplace pas. Mais nous avons aussi cherché à centraliser la communication, en lien étroit avec les sections syndicales, pour proposer un discours cohérent, dynamique et lisible sur différents supports (tracts, goodies, vidéos etc.).

MAG FCE : Quels étaient les grands thèmes de vos revendications ?
Les revendications variaient selon les secteurs, mais reposaient sur un socle commun : le rôle du CSE, les activités sociales et culturelles, et les problématiques spécifiques à chaque site. Il était essentiel de traiter les réalités locales sans renoncer à une vision collective. Nous avons aussi mis en avant le bilan de la mandature : 14 négociations conduites par la CFDT, avec des avancées concrètes. Parmi elles, un accord Groupe accordant 2 000 € à chaque salarié pour améliorer l’efficacité énergétique de son logement, soit 35 000 bénéficiaires. Ce travail de fond devait être visible et compréhensible.

MAG FCE : Quel collège a le plus voté ?
La répartition est quasiment équilibrée : 50 % collège exécution/maîtrise, 50 % ingénieurs et cadres. Le développement du vote « cadres » était un objectif
assumé, avec une communication ciblée et spécifique. Cependant, les écarts de participation restent marqués : sur les sites industriels, la participation atteint 80 à 90 %, tandis que sur les sièges sociaux, notamment à La Défense, elle plafonne autour de 50 %. Un salarié sur deux ne vote pas. Notre analyse à chaud est claire : nous surestimons parfois la compréhension du rôle syndical. Beaucoup de salariés expriment un mécontentement, mais ne font pas le lien entre leurs attentes et l’action des élus CFDT. Cela nous oblige à repenser notre
pédagogie et notre façon d’expliquer notre utilité concrète.

MAG FCE : En décembre 2022, tu disais « vouloir moderniser votre communication en s’adaptant aux évolutions technologiques et peser dans le débat de la transition industrielle », qu’en est-il aujourd’hui ?
Nous avons clairement investi les outils numériques. LinkedIn est devenu un levier majeur pour asseoir une expression syndicale crédible dans un cadre professionnel. Nous avons également développé une présence sur Instagram et Facebook, même si l’impact y est plus limité. En interne, la plateforme VIVA ENGAGE est un outil stratégique : elle permet de diffuser contenus, vidéos, liens et rebonds à l’ensemble des salariés. Aujourd’hui, 12 615 salariés font partie de cette communauté. De nombreuses sections ont aussi développé des applications mobiles CFDT TotalEnergies, offrant un accès direct aux élus, aux accords, aux informations CSE et aux activités sociales. Une chaîne YouTube héberge également nos vidéos. Cette professionnalisation est indispensable : la concurrence syndicale investit, elle aussi, ces terrains, et nous devons être à la hauteur.

MAG FCE : Quelles sont vos perspectives jusqu’aux prochaines élections ?
Notre priorité est double : consolider notre implantation chez les cadres et préparer le renouvellement militant. Dès maintenant, nous devons penser l’équipe de demain. Recruter, former, transmettre. C’est un enjeu stratégique, d’autant plus que l’engagement syndical reste difficile à susciter, notamment chez les jeunes diplômés. Nous devons également investir le champ de la jeunesse : alternants, étudiants, jeunes en formation. L’idéal serait qu’ils entendent parler de la CFDT avant même leur entrée sur le marché du travail, qu’ils comprennent l’utilité du syndicalisme et s’y reconnaissent. Le défi est clair : valoriser un syndicalisme utile, moderne et accessible, capable de parler à toutes et tous.

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