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La Programmation pluriannuelle de l’énergie 3 (PPE3) : entre transition énergétique, contraintes systémiques et ambition industrielle

Très attendue, la dernière Programmation pluriannuelle de l’énergie 3 (PPE3) est parue en février 2026 et constitue la feuille de route de la politique énergétique française jusqu’en 2035. Elle vise à concilier neutralité carbone, sécurité d’approvisionnement et compétitivité des prix.

Très attendue, la dernière Programmation pluriannuelle de l’énergie 3 (PPE3) est parue en février 2026 et constitue la feuille de route de la politique énergétique française jusqu’en 2035. Elle vise à concilier neutralité carbone, sécurité d’approvisionnement et compétitivité des prix.

La PPE3 confirme des objectifs forts de décarbonation. Ainsi, la consommation d’énergie décarbonée devrait représenter 60 % d’ici à 2030, et 70 % d’ici à 2035 contre 40 % aujourd’hui.

Relance du nucléaire et de l’hydraulique : une bonne nouvelle pour l’équilibre énergétique long terme
Cette stratégie repose sur une montée de la production d’électricité décarbonée, avec environ 585 TWh en 2030 et entre 650 et 693 TWh en 2035, et sur une électrification significative de l’industrie, des transports et des usages du quotidien. La FCE-CFDT rappelle l’importance de posséder un mix énergétique diversifié (nucléaire, éolien, hydraulique, biogaz, photovoltaïque…). Dans ce mix, le nucléaire et l’hydraulique conservent un rôle structurant, avec une production d’électricité stable et décarbonée. La PPE3 confirme la construction de 6 EPR2 et de 8 EPR2 en option, et 2,8 GW supplémentaires d’hydraulique.

Synthèse de la PPE (voir tableau)
Des possibles difficultés liées aux surcapacités sur le court terme
Sur la base du bilan prévisionnel de RTE, avec des trajectoires hautes de développement des énergies renouvelables et des dynamiques d’évolution de la consommation telles qu’observées actuellement, la France serait en situation de surcapacité pour les 3 à 5 prochaines années. Cela conduira
à des situations où l’offre d’électricité dépasse la demande, notamment pendant les heures à forte production photovoltaïque. Ces déséquilibres peuvent affaiblir les modèles économiques, imposer une forte modulation des productions nucléaire et thermique, et rendre la gestion des réseaux électriques plus complexe.
Dans ce contexte, les réseaux électriques sont un élément central de la réussite de cette transition, avec un investissement nécessaire estimé à 100 milliards d’euros.

Les biogaz : un autre levier de décarbonation
Le biogaz constitue également un levier majeur de la décarbonation. La PPE 3 prévoit entre 47 et 82 TWh de biométhane à l’horizon 2035. Pour la FCE-CFDT, cela présente un double intérêt : participer à la décarbonation tout en contribuant à l’économie circulaire et à l’indépendance énergétique.
Par ailleurs, cela nécessitera une adaptation des réseaux de transports de gaz pour permettre l’injection de productions locales plus nombreuses et assurer l’équilibre du système.

Une transition à accompagner pour les salariés et les territoires
La FCE-CFDT rappelle que l’ensemble des filières industrielles, dont les industries pétrolières et gazières, restent un pilier industriel, technologique et d’emploi en France. Les salariés de ces secteurs doivent faire partie, et sont une force pour cette transition énergétique. Leurs compétences constituent un levier essentiel pour construire les nouvelles filières énergétiques.

En conclusion
Pour la FCE-CFDT, la PPE3 constitue une étape importante à consolider. Sortir des énergies fossiles est une nécessité environnementale et d’indépendance énergétique. Cette transition sera réussie si elle est organisée et pilotée, garantissant la transformation industrielle dans les territoires et une croissance des emplois industriels.

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