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interview sébastien drochon L’union fait la force

Les élections chez IFP Energies nouvelles, qui se sont déroulées du 17 au 28 novembre 2025, marquent une progression incontestable de la CFDT sur les deux sites pétroliers. Sébastien Drochon, DSC et membre du CNB, revient sur le travail sans relâche d’une équipe syndicale qui n’a pas eu peur de miser sur la diversité et l’union pour obtenir une majorité bien mérité

Les élections chez IFP Energies nouvelles, qui se sont déroulées du 17 au 28 novembre 2025, marquent une progression incontestable de la CFDT sur les deux sites pétroliers. Sébastien Drochon, DSC et membre du CNB, revient sur le travail sans relâche d’une équipe syndicale qui n’a pas eu peur de miser sur la diversité et l’union pour obtenir une majorité bien méritée.

MAG FCE : Bonjour Sébastien, peux-tu nous parler des élections qui viennent d’avoir lieu ?
IFP Energies nouvelles compte deux sites, un à Rueil-Malmaison, qui est le siège, et un second à Lyon. Sur l’ensemble de l’entreprise, la CFDT a fait 44,9 % (42,8 % en 2022), ce qui signifie une représentativité en hausse de 2 %, avec une augmentation de 6 % rien que sur le site de Rueil. On est très fier de ces résultats, car ils montrent qu’avec de la motivation il est toujours possible d’y arriver. La CFDT est donc majoritaire devant la CFE-CGC et la CGT, qui se place en dernière position.

MAG FCE : Concrètement, cela représente quoi ?
Concrètement, sur le site de Rueil-Malmaison, nous avons la majorité relative, avec la reprise du poste de secrétaire du CSE, que l’on avait perdu, et 8 élus sur 17, et la majorité relative à Lyon, avec 8 élus sur 16, et le maintien du poste de secrétaire. Nous avons aussi conservé le poste de secrétaire du CSEC, que nous avons depuis longtemps.

MAG FCE : Quelles actions avez-vous mises en place pour atteindre ces résultats ?
Des actions récurrentes, comme des échanges sur la préparation des élections, ou l’organisation de la formation « PGE », à Lyon, au mois de juillet, juste avant les vacances. L’avantage de ce timing était de nous concentrer en nous mettant en ordre de bataille, même si la préparation, à proprement parlé, des élections s’est faite bien en amont, avec un gros travail sur les listes de candidats dans les trois collèges. Je dis gros travail, car nous étions victimes d’une contraction d’adhérents causée par des départs à la retraite ou par un manque de recrutement. Du coup, il était vraiment important pour gagner ces élections de recruter de nouveaux candidats et de proposer aux salariés des personnes de différents horizons, tout en conservant la mixité. Sans compter un gros travail de fond en allant à la rencontre des salariés pour échanger, que ce soit en physique ou par Teams, pour ceux qui sont en télétravail. La conjonction de tout ça et le fait que l’on ait été force de proposition sur le fonctionnement des ASC ont été pour beaucoup dans notre progression.

MAG FCE : Est-ce que la participation a été la même dans tous les collèges ?
Les 2/3 des salariés chez nous sont des cadres, ce qui fait des collèges disproportionnés, mais quand tu regardes les résultats, tu te rends compte que la participation a été forte dans tous les collèges. Le fait que le vote soit électronique n’a pas changé la donne. En revanche, et c’est ce que nous avions convenu dans le protocole électoral avec la direction, nous avons fait plusieurs relances par semaine, une première le jour J pour avertir que les votes étaient ouverts, une autre quelques jours plus tard pour dire où en était la participation…
Côté CFDT, nous avions tous comme rôle d’aller voir chaque salarié pour lui rappeler l’importance de voter, car plus la participation est forte, plus les extrêmes sont repoussés. Et ça a été positif puisqu’on a eu une participation qui avoisine les 70 %, ce qui représente environ 7 points de plus qu’aux dernières élections. Alors, oui, c’est agréable de faire de bons résultats, mais ça n’arrive pas par hasard, c’est le fruit d’un gros travail collectif.

MAG FCE : Un travail collectif qui prend du temps…
Je dirais qui se prépare presque un an en avance, car il est essentiel de rendre les candidats acteurs, et là, je pense que l’on a réussi. Par exemple, on avait des difficultés à trouver des Ouvriers Employés (OE), et finalement, on en a trouvé un sur chaque site, et on est la seule OS à présenter des OE, ce qui change un peu la donne parce que ça nous donne un titulaire de chaque côté pour basculer vers une meilleure majorité.

Et puis, c’est un travail d’équipe. Je le dis souvent, si tous les adhérents ramenaient un sympathisant pour le faire adhérer, le travail des délégués syndicaux serait plus facile. Pour ces élections, il était impératif pour nous que tous les candidats soient adhérents. Ainsi, tu fixes au niveau CFDT, ce qui entraîne des sections plus grosses et un travail réparti plus équitablement. Ce travail collectif, au quotidien, nous a aussi permis de faire 22 adhésions supplémentaires, ce qui n’est pas rien surtout au vu du contexte économique que traverse IFP.

MAG FCE : A ce sujet, peux-tu nous en dire plus ?
IFP est un établissement public industriel et commercial (EPIC), c’est-à-dire que l’on appartient à l’Etat tout en étant de droit privé. On applique une pension collective, et donc on a des problèmes de dotation publique… qui a baissé énormément ces dernières années. De plus, nos fonds privés, qui viennent de nos filiales et qui nous
ramènent de l’argent, ont quelques difficultés, ce qui se traduit par une baisse d’environ 10 % des effectifs. Il n’y a pas de licenciements, mais les départs à la retraite ne sont pas remplacés, par exemple. Il y a aussi un gros projet de délocalisation du site de Rueil-Malmaison sur Saclay et, sur le site de Lyon, la direction avait décidé de supprimer les indemnités de transport pour tous les salariés qui venaient en voiture. Du coup, ces annonces, juste avant le dépôt des listes, ont fait que nous avons dû être proactifs, ce qui a rendu la campagne très dynamique, avec des contextes variés de perte de dotation publique, de baisse des effectifs, de repositionnement des salariés… ce qui a payé puisque nous sommes arrivés à faire fléchir la direction, qui a renoncé à la dénonciation des aides pour le transport sur Lyon.

MAG FCE : Quelles sont vos priorités aujourd’hui ?
Faire tourner le CSE, avec le vote du budget et le déblocage des fonds pour les différentes activités, en mettant en avant des activités fédératrices. Car, ce que veulent avant tout les salariés, c’est du concret. Après, continuer notre travail pour augmenter les adhésions cadres, et se tourner encore plus vers les jeunes. On est très fier de compter un nouvel élu qui n’a que 22 ans, et qui s’investit énormément dans son boulot. Comme pour les adhésions, je dirai qu’il n’y a pas de fatalité, et qu’avec les bonnes approches on peut toucher les jeunes. Alors, certes, ce n’est pas facile, mais on peut y arriver, et c’est très intéressant parce que ce sont des personnes qui vont monter dans le militantisme, qui vont être amenées à aller vers des responsabilités. Mais notre priorité, c’est avant tout d’avoir des élus dans tous les secteurs pour être le plus représentatif possible, des hommes, des femmes, des jeunes, des moins jeunes, respecter la diversité des services pour créer de la proximité, et par-delà, plus d’adhésions.

 

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