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L’argent public doit servir l’emploi, pas les licenciements.

Laure Lamoureux, secrétaire générale de la FCE-CFDT présente l’édito sur l’argent public. Il doit servir l’Emploi, pas les licenciements. Les Aides Publiques sont indispensables pour investir dans les Compétences et dans l’avenir de notre industrie. Mais elles ne doivent pas être un chèque en blanc ! Elles doivent être transparentes, conditionnées, évaluées et contrôlées. Cette exigence de conditionnalité des aides au maintien de l’emploi est portée par la FCECFDT mais aussi par la CFDT et IndustriAll Europe. Pour la FCECFDT, les entreprises doivent rendre compte de l’utilisation des aides publiques et en informer les représentants des salariés.

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FAIRE DE LA PRÉVOYANCE UN DROIT UNIVERSEL ET SOLIDAIRE

La prévoyance collective est un dispositif qui protège les travailleuses et les travailleurs contre les risques lourds de la vie, comme l’arrêt de travail prolongé, l’invalidité ou le décès, en garantissant un maintien de revenu ou le versement d’un capital. Elle se distingue de la complémentaire santé, qui couvre les frais médicaux tandis que la prévoyance compense la perte de ressources liée à une incapacité à travailler ou un décès.

Elle émerge au XIXe siècle à travers les premières sociétés de secours mutuels, fondées sur la solidarité entre travailleurs, puis se structure après 1945 afin de combler les insuffisances de la Sécurité sociale. L’Accord National Interprofessionnel (ANI) de 1947 marque un tournant avec notamment l’obligation pour l’employeur de garantir une couverture prévoyance aux cadres. Dès les années 1970, la couverture prévoyance progresse sous l’impulsion des partenaires sociaux, dont la CFDT, par la négociation d’accords de branches. Ces accords ont souvent permis de tirer vers le haut les garanties minimales, évitant ainsi une logique de dumping social entre entreprises concurrentes. C’est également une manière de couvrir les salariés des plus petites entreprises. Dans certaines branches professionnelles, elle est devenue un acquis collectif.

En 2013, l’ANI sur la généralisation obligatoire de la complémentaire santé a permis une avancée majeure, mais a laissé la prévoyance dans l’angle mort. Elle reste très inégale selon les secteurs, les entreprises et les catégories de salariés. Elle bénéficie principalement aux cadres et aux salariés des grandes entreprises ou des secteurs bien organisés, où des accords garantissent des protections solides. En revanche, les non-cadres, les salariés des TPE/PME, les temps partiels ou les travailleuses et travailleurs précaires sont souvent moins bien couverts, voire exclus, avec des garanties faibles ou inexistantes.

La FCE-CFDT continue de porter une vision ambitieuse et solidaire de la prévoyance collective pour en faire un véritable droit universel, intégré à la logique de solidarité qui fonde notre modèle social. À l’image de l’ANI de 2013, nous revendiquons son extension à l’ensemble des salariés, avec un socle minimal de garanties obligatoires identique quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle, et financé de façon partagée entre employeurs et salariés.

Dans un contexte d’évolution des risques professionnels et de vieillissement de la population active, renforcer la prévoyance n’est pas un luxe : c’est un impératif de justice sociale.

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