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Construire un accord seniors ambitieux : une journée fédérale pour outiller les négociateurs

Le 11 mars 2026, la Fédération Chimie Énergie CFDT (FCE-CFDT) a consacré une journée de travail à un enjeu majeur avec le pôle « Transformation du monde du travail » : poser les bases d’un accord sur l’emploi des seniors dans nos branches et entreprises. Une journée dense, studieuse et stratégique. L’équipe fédérale et Éric Mignon (secrétaire confédéral ayant participé à négocier l’ANI) ont pu débattre et construire le squelette d’un accord déclinable dans une négociation d’entreprise.

Le 11 mars 2026, la Fédération Chimie Énergie CFDT (FCE-CFDT) a consacré une journée de travail à un enjeu majeur avec le pôle « Transformation du monde du travail » : poser les bases d’un accord sur l’emploi des seniors dans nos branches et entreprises. Une journée dense, studieuse et stratégique. L’équipe fédérale et Éric Mignon (secrétaire confédéral ayant participé à négocier l’ANI) ont pu débattre et construire le squelette d’un accord déclinable dans une négociation d’entreprise.

 

 

S’approprier la loi, comprendre l’ANI, préparer le terrain revendicatif
La déléguée fédérale en charge du juridique a rappelé le cadre légal issu de la loi du 24 octobre 2025, qui transpose l’ANI de 2024, et impose désormais aux branches et aux entreprises de plus de 300 salariés une négociation triennale sur « l’emploi des salariés expérimentés ».

Un projet d’accord devra reposer sur :
• La conformité stricte au cadre légal, a minima.
• La présence de mesures concrètes et évaluables.
• L’articulation avec les dispositifs de prévention, formation et transitions.
• La sécurisation juridique des aménagements de fin de carrière.
• L’absence de discrimination directe ou indirecte.
• La cohérence avec les revendications CFDT, en réclamant par la négociation des éléments non retenus dans la loi.

Des points que les équipes devront maîtriser avant d’aller à la table des négociations.

Nos revendications
L’intervention d’Éric Mignon a permis d’enrichir les échanges en apportant le regard confédéral sur la négociation nationale interprofessionnelle.
Il est revenu sur les avancées contenues dans l’ANI, mais aussi sur les revendications CFDT non retenues :
• Négociation annuelle obligatoire.
• Création d’un droit opposable à la reconversion.
• Renoncement à un index seniors.
• Faiblesse des sanctions.
• Manque de financements dédiés à la prévention de l’usure.

Des revendications que la FCE-CFDT entend désormais porter au niveau sectoriel, profitant des marges de manœuvre offertes par la négociation pour dépasser le cadre légal.
Les débats ont confirmé l’enjeu : si la loi fixe un socle, c’est bien aux branches, et aux entreprises, de construire un accord utile, concret et adapté aux réalités professionnelles.

Objectif : poser les bases d’un cahier revendicatif fédéral
La seconde partie de la réunion a permis d’engager le travail collectif : comment traduire les orientations confédérales dans un cahier revendicatif fédéral, adapté aux métiers et aux contraintes des emplois au périmètre de la FCE-CFDT ?
Les enjeux stratégiques sont clairs…
• Obtenir des mesures concrètes, opposables et financées pour les salariés expérimentés.
• Réintroduire dans la branche des revendications CFDT non retenues dans la loi.
• Faire de la branche un levier de correction des inégalités sectorielles : usure professionnelle, métiers pénibles, reconversions, accès à la formation.
• Garantir une cohérence avec les autres accords (GEPP, égalité pro, pénibilité, formation).
• Installer une gouvernance paritaire pour suivre et ajuster les engagements.
… et les points de vigilance identifiés
• Aucune clause ne doit réduire les droits existants.
• La définition de « salarié expérimenté » ne doit pas être discriminatoire.
• La compatibilité avec les accords (GEPP, égalité pro, pénibilité) doit être vérifiée.
• Les engagements doivent pouvoir être mesurables.
• Il faudra veiller à sécuriser juridiquement les aménagements de fin de carrière (notamment faire le lien avec âge de départ légal et l’articulation de la définition de « expérimenté »).

Construire un outil pour les négociateurs
Les participants ont apporté leur éclairage avec les réalités de chacune de leur branche, avant de confronter et d’harmoniser leurs propositions. Les apports d’un document préparatoire ont servi de base pour structurer les priorités fédérales, tout en permettant d’identifier les points à renforcer.
Les contours d’un modèle d’accord « seniors » fédéral ont émergé. Cet outil visera à donner de la matière, des argumentaires et un cap clair aux équipes de négociation, pour construire un accord ambitieux, conforme aux valeurs de la CFDT : anticipation, égalité de traitement, sécurisation des parcours et amélioration des conditions de travail.

Des axes prioritaires à revendiquer ont émergé :
1. Préalables
• Analyse des métiers exposés à l’usure.
• Cartographie des besoins en compétences et reconversion.
• État des lieux des pratiques (entretiens, tutorat, aménagements).
• Définition d’une position CFDT sur l’âge « expérimenté » adaptée au secteur.
2. Entretiens et parcours
• Entretien de seconde partie de carrière tous les 2 ans.
• Contenu structuré : compétences, santé, aménagements, transitions.
• Articulation obligatoire avec GEPP et transitions professionnelles.
• Priorité d’accès à la formation pour les 45+ ou 50+.
• Financement mutualisé pour les reconversions sectorielles.
3. Conditions de travail et prévention de l’usure professionnelle
• Liste des métiers/usures spécifiques.
• Aménagements obligatoires pour les postes identifiés.
• Temps partiel senior sécurisé.
• Articulation claire avec le C2P et les obligations DUERP (dans une logique sectorielle).
4. Transmission des compétences
• Statut du tuteur : temps dédié, reconnaissance, prime.
• Parcours tutorat obligatoire pour les nouveaux entrants.
• Outils sectoriels de capitalisation des savoirs.
5. Fin de carrière
• Articulation facilitée avec la retraite progressive.
• Temps partiel senior sécurisé (sans perte excessive de rémunération).
• Aménagements horaires ou organisationnels garantis pour les postes pénibles.
• Absence de discrimination dans l’accès aux promotions et mobilités.
6. Suivi
• Comité de suivi paritaire.
• Indicateurs sectoriels (emploi, formation, maintien, reconversion).
• Rapport annuel des entreprises ≥ 300 salariés.
• Clause de revoyure annuelle.
Chaque proposition devra être examinée et discutée à l’aune de sa faisabilité, de son efficacité sociale, et des arguments économiques opposables aux employeurs lors des négociations.

Une étape clé dans la dynamique fédérale
Cette journée est une première étape importante dans le cycle de transformation initié par la FCE-CFDT qui confirme notre ambition : ne pas se contenter du minimum légal, et utiliser pleinement l’espace de négociation collective pour renforcer les droits des salariés.
Ce travail collectif s’inscrit pleinement dans le plan de travail fédéral construit à l’issue du congrès de Lille, où la FCE-CFDT s’est engagée dans un projet de transformation du monde du travail et des parcours professionnels, notamment en allongeant les trajectoires et en sécurisant les fins de carrière.
La rédaction du cahier revendicatif va se poursuivre dans les prochaines semaines, et ouvrira la voie d’une base solide et cohérente pour porter haut les ambitions du syndicalisme CFDT en branche, et en entreprise.
La volonté du pôle est de structurer la démarche pour garantir les actions cohérentes et efficaces, de la branche aux entreprises.
Si vous souhaitez contacter l’équipe fédérale sur ce sujet : action.revendicative@fce.cfdt.fr

 

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