A quelques jours du Mondial de l’automobile, la conférence de presse du 8 octobre a donné une autre perspective sur l’avenir de la filière. La FCE-CFDT, la FGMM-CFDT, la FTM-CGT, le Réseau Action Climat, la Fondation pour la Nature et l’Homme et Transport & Environnement portent un manifeste commun pour une autre politique industrielle automobile.
Le diagnostic partagé met en cause les choix des constructeurs et le retrait de l’État de son rôle de stratège. Délocalisations, pression sur les fournisseurs et priorité aux modèles haut de gamme ont fragilisé les emplois et rendu les voitures moins accessibles. Désigner la transition électrique comme responsable de la crise masque ces choix et retarde les réponses nécessaires.
Le manifeste propose de redonner une direction à la filière, avec une planification associant pouvoirs publics, industriels, syndicats, experts et collectivités. La commande publique doit soutenir des petites voitures électriques abordables, sobres et réparables, fabriquées en France et en Europe, pour garantir des débouchés aux usines.
Autre exigence : conditionner les aides publiques à des engagements vérifiables sur l’emploi, les productions locales, les commandes aux sous-traitants, la recherche et les compétences. Leur non-respect doit entraîner un remboursement. Une politique commerciale protectrice doit aussi combattre la concurrence déloyale, avec des exigences sociales et environnementales élevées.
Pour les salariés des secteurs de la Chimie, de la Plasturgie ou du Caoutchouc, l’avenir automobile dépasse les seules usines d’assemblage. Cette démarche commune permet de relier les enjeux de toute la chaîne industrielle à ceux de la mobilité quotidienne et du climat.
Les organisations appellent désormais les candidats à la présidentielle à signer le manifeste. L’enjeu est de transformer ces engagements en décisions industrielles, avec des emplois durables et des véhicules accessibles.





