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L’argent public doit servir l’emploi, pas les licenciements.

Laure Lamoureux, secrétaire générale de la FCE-CFDT présente l’édito sur l’argent public. Il doit servir l’Emploi, pas les licenciements. Les Aides Publiques sont indispensables pour investir dans les Compétences et dans l’avenir de notre industrie. Mais elles ne doivent pas être un chèque en blanc ! Elles doivent être transparentes, conditionnées, évaluées et contrôlées. Cette exigence de conditionnalité des aides au maintien de l’emploi est portée par la FCECFDT mais aussi par la CFDT et IndustriAll Europe. Pour la FCECFDT, les entreprises doivent rendre compte de l’utilisation des aides publiques et en informer les représentants des salariés.

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AME : QUAND LA FRATERNITÉ SE DÉLITE…

L’AME (aide médicale d’Etat) est une aide sociale accordée aux personnes en situation irrégulière, présentes en France depuis au moins 3 mois et qui perçoivent moins de 810€ mensuels (personne seule). Cette aide donne droit à la prise en charge à 100% de certains soins médicaux et hospitaliers, dans la limite des tarifs de la Sécurité Sociale. Elle doit être redemandée chaque année.

L’AME répond en premier lieu à un principe éthique et humanitaire, mais aussi à un objectif de santé publique et de pertinence de la dépense. Elle n’est pas un outil de politique migratoire. Les migrants viennent pour travailler, fuir la misère de leur pays, la guerre, une dictature voire un risque climatique. Réduire la motivation de ces personnes au seul attrait de notre système de protection sociale française est une offense et une absurdité.

Un rapport remis au gouvernement le 5 décembre dernier stipule que l’augmentation des dépenses de l’AME (968 millions d’euros en 2022 pour 411 000 bénéficiaires, soit 0,5% du budget de l’Assurance Maladie) est « largement corrélée à celle du nombre de bénéficiaires », et la consommation trimestrielle individuelle moyenne « est restée stable en dépit de l’augmentation du coût des soins », il n’y a donc aucun dérapage au niveau des dépenses d’autant que, seule la moitié des personnes éligibles à cette aide en fait la demande !

Le rapport confirme que l’AME est un dispositif sanitaire utile et globalement maîtrisé. Il émet des propositions d’évolution, telles que : réserver la qualité d’ayant-droit aux enfants mineurs uniquement, inclure les ressources déclarées du conjoint, porter la validité de l’AME à 2 ans, mettre en place un examen de santé à l’entrée sur le territoire afin d’accentuer la prévention et le dépistage (limite d’un risque contagieux), exclure du bénéfice de l’AME les personnes frappées d’une mesure d’éloignement du territoire pour motif d’ordre public.

La volonté de remplacer l’AME par l’AMU (aide médicale d’urgence), est une aberration car elle risque de provoquer un problème de santé publique, avec le renoncement des personnes concernées à se soigner, ou la sollicitation des services d’urgences déjà saturés

Il est plus que temps de revenir aux principes fondateurs : éthique et humanisme ! Ces derniers contribuent à créer un système de santé répondant aux besoins de la société tout en respectant ses valeurs fondamentales.

Pour la FCE-CFDT, il est incontournable et vital que des personnes migrantes, déracinées qui s’installent, travaillent et s’intègrent, puissent bénéficier d’une aide médicale. C’est une des composantes des conditions d’accueil et d’intégration réussie. Supprimer cette aide est contraire à nos valeurs d’égalité et de fraternité et par là-même dangereuse pour l’ensemble de la société française.

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