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L’argent public doit servir l’emploi, pas les licenciements.

Laure Lamoureux, secrétaire générale de la FCE-CFDT présente l’édito sur l’argent public. Il doit servir l’Emploi, pas les licenciements. Les Aides Publiques sont indispensables pour investir dans les Compétences et dans l’avenir de notre industrie. Mais elles ne doivent pas être un chèque en blanc ! Elles doivent être transparentes, conditionnées, évaluées et contrôlées. Cette exigence de conditionnalité des aides au maintien de l’emploi est portée par la FCECFDT mais aussi par la CFDT et IndustriAll Europe. Pour la FCECFDT, les entreprises doivent rendre compte de l’utilisation des aides publiques et en informer les représentants des salariés.

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PAPIER-CARTON Un apprentissage du mandat de délégué syndical au pas de course

En avril 2019, Kévin Brito, salarié dans l’entreprise BBC CELLPACK Packaging, est venu rencontrer le Syndicat Chimie Energie Alsace...

En avril 2019, Kévin Brito, salarié dans l’entreprise BBC CELLPACK Packaging, est venu rencontrer le Syndicat Chimie Energie Alsace. L’entreprise était jusque-là dépourvue d’organisation syndicale et les institutions représentatives étaient aux mains de salariés sans étiquette. L’ambition de Kévin était d’implanter la CFDT afin d’avoir une instance plus en capacité d’agir pour le bien collectif, mais également de rendre active la négociation d’entreprise. Bien évidemment, le SCEA s’est associé à cette démarche. La première étape a consisté à élaborer une liste électorale en vue de l’élection du CSE prévue en juin 2019.

C’est alors que Kévin a dû affronter une première difficulté, avec des élus sans étiquette qui ont ouvertement fait campagne contre l’implantation d’une organisation syndicale. Malgré cela, il est parvenu à présenter une liste avec quelques candidats, ce qui a permis à la CFDT d’être représentative à 100 % dans l’entreprise, mais néanmoins minoritaire au sein du CSE.

Quelques mois après sa prise de mandat en qualité de délégué syndical, deuxième difficulté : l’entreprise ouvre une double négociation, avec l’aménagement du temps de travail et un plan de sauvegarde de l’emploi, le tout accompagné d’un chantage tout à fait inacceptable. Ainsi, la direction (suisse) menaçait de fermer le site en cas de non-signature de l’accord ATT, mais également si plus de 20 salariés refusaient l’avenant proposé à leur contrat de travail issu de la négociation ATT (travailler 39 h, payé 35 h). Pendant presque six mois, Kévin a négocié avec l’assistance du SCEA et d’un avocat (Me Dulmet) du réseau AVEC. La négociation a abouti clairement à un recul des acquis, mais a permis de limiter le nombre de licenciements économiques à 20 au lieu des 41 annoncés au départ.

Troisième difficulté, alors que l’accord ATT indique le non-paiement de la pause de 20 minutes, un accord de branche Papier-Carton prévoit, depuis le 1er juillet 2020, le paiement de celle-ci. À la connaissance de cette disposition conventionnelle, Kévin a demandé que l’accord ATT soit modifié afin de permettre le paiement de la pause. Devant le refus de la direction, la CFDT a appelé à faire grève le lundi 12 octobre 2020. Après une journée d’arrêt quasi total de la production, un accord a été trouvé permettant le paiement de la pause, mais également de revoir l’organisation des prises de poste. Après un peu plus d’un an de mandat de délégué syndical, Kévin a été mis à rude épreuve, mais le résultat est positif, les salariés sont clairement derrière lui, aujourd’hui, et sa section se développe. 

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