Depuis plusieurs mois, les annonces de restructurations, de fermetures de sites et de suppressions d’emplois se multiplient. Et à chaque plan social, la même question revient : combien d’aides publiques l’entreprise concernée a-t-elle touché ?
La CFDT n’est pas opposée aux aides publiques. Au contraire, dans un contexte de transition écologique, de transformation numérique, de concurrence internationale accrue et de nécessaires investissements industriels, l’intervention publique est indispensable. Elle permet de soutenir l’innovation, la recherche, la décarbonation des sites, la transformation des emplois, le développement des compétences ou encore la réindustrialisation de nos territoires.
Mais une aide publique ne doit pas être un chèque en blanc.
Chaque euro versé doit répondre à un objectif d’intérêt général clairement identifié. Les aides financées par les contribuables doivent contribuer au maintien et au développement de l’emploi, à la préservation des savoir-faire industriels, à la transition écologique, à la formation des salariés et au développement des territoires. Elles ne doivent jamais servir à financer des stratégies de court terme fondées sur la réduction des coûts, les délocalisations ou l’augmentation exclusive de la rémunération des actionnaires.
Aujourd’hui, trop souvent, les représentants du personnel ne connaissent ni le montant des aides perçues par leur entreprise ni les contreparties associées. Cette opacité n’est pas acceptable. La transparence doit devenir la règle. Les CSE sont rarement informés des aides touchées par leur entreprise. Nos militants doivent se servir de la possibilité d’expertise pour obtenir ces informations.
Pour la FCE-CFDT, les aides publiques doivent être conditionnées, contrôlées et évaluées. Une entreprise qui respecte ses engagements doit être soutenue. Une entreprise qui supprime des emplois, délocalise son activité ou détourne les aides de leur objectif initial doit rendre des comptes, voire rembourser les aides perçues si elles n’ont pas été utilisées comme prévu.
Dans le contexte budgétaire actuel, chaque dépense publique doit être analysée. La France et l’Europe ont besoin d’une véritable stratégie industrielle de long terme pour préparer l’avenir dans les territoires, accompagner les transitions industrielles et sécuriser l’emploi. Celle-ci doit reposer sur un partenariat exigeant entre les entreprises, les salariés et les pouvoirs publics. Chacun doit prendre sa part de responsabilité.
C’est une question de justice sociale mais aussi d’efficacité économique.
Pour la FCE-CFDT, l’argent public doit servir l’intérêt général et contribuer à construire l’industrie de demain, pas à financer sa disparition.





