La France ne peut plus détourner le regard. Avec plus de 485 000 victimes1 de violences sexistes et sexuelles chaque année, dont près d’une sur trois sur le lieu de travail, l’urgence est totale. La loi intégrale, initiée fin 2025 et examinée à l’Assemblée nationale en septembre 2026, ambitionne de rompre enfin avec les politiques fragmentées : elle propose une stratégie globale, coordonnée, qui protège, prévient et sanctionne. Une loi qui change l’échelle de réponse publique.
Pensée comme une loi systémique, la loi intégrale opère une rupture nécessaire face aux violences sexistes et sexuelles (VSS), dont les femmes et les enfants sont les principales victimes, et elle renforce :
- La détection et la prévention, avec un entretien annuel pour chaque enfant
- La protection, en créant l’infraction d’inceste, en rendant imprescriptibles les crimes sexuels sur mineurs, et en sécurisant mieux le parent protecteur
- La répression judiciaire, en instaurant des cours criminelles spécialisées VSS, le dépôt de plainte à l’hôpital, la collecte de preuves sans délai, l’audition immédiate des victimes et systématique des mis en cause
- La formation renforcée de tous les professionnels en contact avec un public exposé et l’interdiction d’exercer pour ceux condamnés pour VSS
- Et elle attaque, enfin, les violences en ligne et l’accès des mineurs à la pornographie.
Une refonte profonde, indispensable pour briser l’impunité et protéger réellement autant dans la société que dans le milieu professionnel.
Pour la FCE-CFDT, l’enjeu est clair : aucune entreprise ne doit être un lieu de peur. Les VSS y restent nombreuses : 62% des femmes déclarent avoir subi au moins une situation de sexisme au travail, 30%, une agression ou un harcèlement sexuel2.
La FCE-CFDT revendique depuis longtemps des politiques d’entreprise ambitieuses pour garantir un lieu de travail protecteur : obligation de plans de prévention VSS ; formation systématique des managers et RH ; sanctions renforcées en cas de manquement ; prise en charge réelle des victimes de violences sur le lieu de travail, ou à leur domicile.
C’est un devoir collectif que le lieu de travail puisse être un refuge pour les victimes de violences dans leur foyer.
Pour peser, la FCE-CFDT s’est mobilisée aux côtés des associations et des salariés, le 7 septembre, pour exiger une loi ambitieuse, dotée de moyens et réellement appliquée. Parce que combattre les VSS, c’est défendre la dignité de vivre et de travailler et, en protéger les victimes, c’est garantir plus de justice sociale.
1 / Pétition citoyenne pour la loi intégrale.
2 / Baromètre violences sexistes et sexuelles au travail 2026.





