Après neuf ans à la tête du Syndicat Chimie Énergie CFDT Basse-Normandie, en tant que secrétaire général, Nicolas Brisset relève un nouveau défi : développer les branches Plasturgie et Industrie et Services nautiques à l’échelle fédérale. Entre découverte, expériences et construction de réseaux militants, il prend le cap, avec ambition.
MAG FCE : Bonjour Nicolas, pourquoi as-tu accepté le mandat de délégué fédéral de branche ?
Neuf ans à la tête du Syndicat Basse-Normandie, je trouvais que c’était déjà bien. Pour être franc, j’ai d’abord pensé à réintégrer mon entreprise, mais je me suis confronté à la difficulté de la reconnaissance des acquis. La Fédération m’a alors proposé le poste de délégué fédéral, par rapport à mon expérience de secrétaire. Ce qui m’a intéressé, car je voulais changer, découvrir d’autres dossiers, travailler différemment. Comme je n’avais jamais fait de négociations de branche, j’ai d’abord été en « immersion » pour me familiariser avec l’ambiance, et cela m’a plu.
MAG FCE : Quelles grandes différences y a-t-il entre ce nouveau mandat et le précédent ?
Pour l’instant, je n’ai pas encore exploré tout le panel de délégué fédéral, mais j’ai l’impression que ce mandat est moins solitaire que celui de secrétaire général, où tu dois gérer tous les sujets à la fois, où tu traites des cas très ponctuels qui demandent souvent des réponses rapides. Le mandat de DF de branche est plus concentré sur certaines questions, on suit un fil
de négociations, c’est un travail sur la continuité qui se battit petit à petit, et sur du long terme.
MAG FCE : Tu es en charge de la branche Plasturgie et de la branche Industrie et Services nautiques, comment abordes-tu le challenge ?
Actuellement, je suis en train de construire les cartographies des deux branches afin d’avoir une vision globale de ce que ça comprend, voir où sont les liaisons, les DSC, les DS, dans le but d’essayer de combler les établissements où la CFDT n’est pas présente, afin, pourquoi pas, de monter une section, avec l’appui des animateurs de CTB.
MAG FCE : La branche Industrie et Services nautiques est depuis peu une branche part entière. Tout y est à construire ?
Sur cette branche, il y a tout à construire, car on souhaite qu’il y ait un animateur pour chaque syndicat. Le but du premier CNB sera donc un travail avec les animateurs de CTB, faire remonter les problématiques des sections, afin de pouvoir ensuite les négocier en branche. Après, on a la chance d’avoir une belle équipe dans la plus grosse et seule entreprise de plus de 500 salariés, Beneteau. Construire cette branche, c’est un défi très intéressant, car je pars de zéro. C’est un défi à relever avec l’aide des syndicats.
MAG FCE : Le 3 février, un accord a été signé chez Albéa pour sortir l’IA de la performance technique et la replacer au centre du dialogue social. Selon toi, qu’est-ce que cet accord va apporter aux salariés de la Plasturgie ?
C’est un accord qui doit faire référence. Son originalité, c’est l’obligation de concertation du CSE pour chaque nouvelle modification, ce qui implique que l’humain aura toujours le dernier mot. C’est une énorme avancée pour les salariés, et pour le maintien de l’emploi. Maintenant, il faut espérer que toutes les directions d’entreprise soient aussi ouvertes que l’a été celle d’Albéa pour acter un accord allant dans le même sens.
MAG FCE : Un dernier mot pour la fin ?
Je dirai juste que se lancer sur deux branches en même temps est quand même un défi, a fortiori au vu de la conjoncture. Mais, avec l’aide des équipes, de la Fédération et des syndicats, nous devons pouvoir faire évoluer ces branches, et, tous ensemble, on va y arriver.





