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Risques industriels majeurs Comprendre les causes profondes pour mieux prévenir

Le 27 janvier 2026, les risques industriels majeurs (RIM) étaient à l’honneur à la FCE-CFDT, ou plus précisément la question des causes profondes. Cette journée « Impacts visibles, causes invisibles », animée par l’ensemble des membres du réseau RIM, dont Caroline Laurençot, chargé de mission, avait pour but, non pas de traiter le sujet à sa superficie, mais de partir de l’étude des impacts visibles pour remonter aux causes invisibles qui les ont rendus possibles. Un point de vue original, peu souvent abordé, de portée majeure, qui a mobilisé près de quatre-vingt militants.

Le 27 janvier 2026, les risques industriels majeurs (RIM) étaient à l’honneur à la FCE-CFDT, ou plus précisément la question des causes profondes. Cette journée « Impacts visibles, causes invisibles », animée par l’ensemble des membres du réseau RIM, dont Caroline Laurençot, chargé de mission, avait pour but, non pas de traiter le sujet à sa superficie, mais de partir de l’étude des impacts visibles pour remonter aux causes invisibles qui les ont rendus possibles. Un point de vue original, peu souvent abordé, de portée majeure, qui a mobilisé près de quatre-vingt militants.

« Le risque industriel augmente […] de manière insidieuse, bien avant tout accident visible. »*
Même si, aujourd’hui, le risque industriel majeur n’est malheureusement plus inconnu du grand public, il est important de rappeler, pour replacer le sujet dans son contexte, que cet événement accidentel peut avoir des conséquences graves et immédiates… pour les salariés, mais également pour les populations avoisinantes, les biens ou encore l’environnement. Incendies, explosions, rejets nocifs entrainent, dans bien des cas, des impacts considérables. Si les causes peuvent être techniques (défaillances mécaniques, défaut d’entretien), humaines (erreurs, méconnaissance des risques, manque de formation), externes (catastrophes naturelles) ou encore liées à de la malveillance, l’analyse ne peut, quant à elle, se limiter à la désignation d’un responsable unique. En milieu industriel, le risque naît le plus souvent d’une succession de défaillances qui, mises bout à bout, créent les conditions de l’incident, voire de l’accident grave.

« Les risques industriels majeurs ne relèvent ni de la fatalité, ni de l’erreur individuelle. »*
Déconstruire l’idée selon laquelle un accident reposerait sur l’erreur d’un seul individu est donc essentiel pour remonter aux causes profondes. C’est ce que Myriam Promé, experte à l’Institut pour une culture de sécurité industrielle (ICSI), a démontré en insistant sur la nécessité de dépasser la notion simpliste d’« erreur humaine ». Une erreur étant par définition non intentionnelle, elle ne peut être la cause à elle seule de l’accident. Ce sont les failles du système de sécurité, insuffisamment anticipées ou corrigées, qui permettent à ses conséquences de se développer.
Changer de regard sur l’erreur humaine est donc indispensable. Passer d’une culture de la faute à une culture de la compréhension et de la prévention suppose d’admettre que l’erreur est possible et donc d’en anticiper les effets. Cela implique de distinguer l’erreur de la transgression intentionnelle, mais aussi de créer un climat de confiance favorisant la remontée des signaux faibles. Comprendre pour corriger, telle doit être notre ambition commune.

« Les risques industriels majeurs ne sont jamais le fruit du hasard. »*
Cette approche de la compréhension s’appuie sur un modèle de sécurité clair et partagé, structuré par une véritable stratégie de prévention. Le risque zéro n’existant pas, chaque site industriel doit mettre en place des réponses adaptées, comme l’étude de dangers – analyse les scénarios accidentels possibles –, le plan d’opération interne (POI) – première réponse pour contenir un événement –, et le plan particulier d’intervention (PPI) – élaboré par les autorités pour protéger les populations lorsque les effets dépassent le site. Si, malgré la mise en place de ces dispositifs, les accidents se répètent, cela révèle une incapacité organisationnelle à apprendre de l’expérience, voire une défaillance dans les choix managériaux.

« Continuer à invoquer l’erreur humaine revient à nier l’impact direct des choix économiques et managériaux sur la sécurité. »*
Après une matinée théorique, les participants, sous l’égide des membres du réseau RIM, se sont retrouvés l’après-midi pour un atelier d’analyse de cas consacré au « Titanic, le naufrage inévitable ». Répartis en petits groupes, ils ont utilisé la méthode des « cinq pourquoi » afin de remonter de la cause apparente à la cause
racine. Cette méthode, basée sur la résolution de problèmes, a permis aux militants présents de remonter le fil de l’histoire afin de trouver la cause principale de la défaillance, et ce jusqu’à la cause principale.
Cet exercice concret leur a montré que derrière tout événement majeur se cachent différents mécanismes qu’il faut savoir interroger.
Après l’expression de chaque groupe et les dernières informations de Chloé Caillé, membre du réseau qui avait mené l’atelier, Romuald Fontaine, secrétaire fédéral en charge du secteur, a conclu la journée en rappelant le rôle essentiel des militants et représentants du personnel : apporter un autre regard dans les investigations, faire entendre la réalité du travail, refuser les explications simplistes et défendre une culture de sécurité fondée sur le dialogue social.

« En choisissant le thème  » Impacts visibles, causes invisibles « , nous avons affirmé la nécessité de changer de regard : passer d’une culture de la faute à une culture
de la compréhension, de la prévention et du doute. »*
Prévenir les risques industriels majeurs ne relève pas seulement de la technique, c’est avant tout une question de culture, d’analyse collective et de responsabilité partagée.
*Romuald Fontaine – Extraits du discours de conclusion

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