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pascal poly l’ARC-boutant d’une entreprise emblématique

interview / Alors que la situation financière de ARC ne cesse de s’amoindrir depuis plus de vingt-cinq ans, la nouvelle d’un redressement judiciaire est tombée en ce début d’année, laissant les 3 502 salariés du site social de Arques dans l’inquiétude de perdre leur emploi et de voir disparaître un pan de l’histoire de la verrerie française, dont on fêtait les 200 ans l’année dernière. Pascal, délégué syndical, a accepté de nous faire un point sur la situation et sur l’action CFDT.

Alors que la situation financière de ARC ne cesse de s’amoindrir depuis plus de vingt-cinq ans, la nouvelle d’un redressement judiciaire est tombée en ce début d’année, laissant les 3 502 salariés du site social de Arques dans l’inquiétude de perdre leur emploi et de voir disparaître un pan de l’histoire de la verrerie française, dont on fêtait les 200 ans l’année dernière. Pascal, délégué syndical, a accepté de nous faire un point sur la situation et sur l’action CFDT.

MAG FCE : Bonjour Pascal, comment vont les salariés après la mise en redressement de l’entreprise ?
L’annonce a eu l’effet d’une bombe, parce qu’on s’attendait à de mauvaises nouvelles, mais pas à une cession de l’entreprise, ni un PSE qui pourrait toucher a minima 800 personnes.
On pensait plus à l’arrêt d’un four. Aujourd’hui, il y a beaucoup de colère, beaucoup de salariés avaient des projets qui ne pourront pas se faire.

MAG FCE : Rien ne laissait penser à cette éventualité ?
Bien sûr, on sait que le monde des arts de la table va mal, on connaît la conjoncture française, mais, honnêtement, on ne s’attendait pas à ça. De nouveaux investisseurs potentiels ne sont jamais arrivés, du coup, ils ont recontacté Timothée Durand, ancien DG de l’entreprise. On s’est sentis trahis, car tout est allé très vite sans que l’on en soit informés. Lorsque le DG nous a convoqués, tout était déjà calé avec le tribunal administratif de Lille. Les politiques étaient au courant, tout s’est fait dans le dos des élus et des salariés. Il ne faut pas oublier que l’on était contraints par le temps, puisque toute personne désireuse pouvait déposer une offre jusqu’au 28 janvier. Le 10 mars, on saura définitivement qui va reprendre l’entreprise, le plan de production, donc le nombre de jours, qui va tourner, la quantité de tonnes de verres à réaliser dans une année, le plan financier, la masse salariale…

MAG FCE : En attendant le 10 mars, sur quoi travaillent les élus CFDT ?
Ce qui est compliqué, c’est qu’aujourd’hui on ne connaît toujours pas quels vont être les conditions de travail, la réorganisation, le nombre de personnes touchées dans les métiers concernés… toutes ces informations, on ne les aura qu’en mars.
Avec les autres OS, on a tout de suite démarré l’accord de méthode pour se donner un cadre général de comment on allait travailler, les calendriers, les moyens de fonctionnement et la façon de faire juridiquement. Ça a été quand même assez compliqué pour nous parce qu’on a eu une masse d’informations à avaler, sans compter le fait de gérer l’inquiétude des salariés. On a discuté des potentiels licenciements, mais aussi de l’après, avec ceux qui auront eu la chance de pouvoir rester, travailler sur les catégories professionnelles, le titre « Métier », pour donner une égalité de traitement à chaque salarié. Notre but est de regrouper certains métiers, avec, si possible, une formation assez rapide, pour donner le maximum de chance à chacun. Après, il y aura le PSE, où on travaillera en priorité les critères : l’âge, l’ancienneté, le nombre d’enfants, quels moyens pour les personnes licenciées, le congé de reclassement, les formations… Il y aura, bien sûr, une prime de licenciement économique, mais elle ne sera pas abondée par une supra-légale, puisque ce sont les AGS qui vont payer le PSE, tout comme il n’y aura pas de départs en préretraite. L’important aujourd’hui pour les élus CFDT, c’est de trouver les meilleures solutions pour améliorer les conditions du salarié qui va se retrouver sur le carreau, c’est, pour l’instant, notre plus grande priorité.
*Le 20 janvier 2026, Pascal, soutenu par le Syndicat Littoral Nord, la Fédération et la Confédération, était présent, à Bercy, pour la mobilisation de la CFDT contre l’ampleur des PSE dans les Hauts-de-France.

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