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VITRY-SUR-SEINE : LES SYNDICATS DU CAOUTCHOUC DÉNONCENT « LE MÉPRIS PATRONAL »

Le mercredi 18 février, à 11h, devant Elanova,   siège de la chambre patronale du Caoutchouc, à Vitry-sur-Seine, banderoles et drapeaux syndicaux ont coloré une zone d’ordinaire discrète. l’appel d’une intersyndicale, les représentants des salariés de la branche (FCE-CFDT, SUD Industries, FO Chimie et CFE-CGC Chimie) se sont rassemblés à l’occasion de la dernière réunion de négociation salariale de branche. Leur mot d’ordre : dénoncer « l’indigence » des propositions patronales sur les salaires minima et « l’absence de véritable dialogue social ».

Dans une déclaration lue devant les participants, les organisateurs ont dressé un constat sévère de la situation du secteur. « Le mépris patronal ne peut plus tenir lieu de dialogue social », ont-ils martelé, pointant une industrie « profondément dégradée » par les délocalisations, les restructurations et les suppressions d’emplois.

Une hausse jugée symbolique

Au cœur de la colère : la proposition de revalorisation des minima conventionnels. Selon les syndicats, la chambre patronale — qui regroupe notamment Elanova et UCAPLAST — propose une augmentation limitée à 1,97 euro au-dessus du SMIC pour le premier coefficient de la grille.

Pour les représentants des salariés, cette mesure ne constitue pas une négociation, mais une simple « mise en conformité légale » visant à éviter que le premier niveau de classification ne passe sous le SMIC. « Les salariés méritent autre chose qu’un strict minimum légal présenté comme un effort », ont-ils insisté.

Dans la branche, 45% des salariés sont ouvriers, souvent soumis au travail posté. Les syndicats réclament notamment la création d’une prime d’équipe conventionnelle, restée jusqu’ici lettre morte. Autre revendication, le déplafonnement de la prime d’ancienneté au-delà de 15 ans, alors que 44% des salariés affichent plus de quinze années de présence dans leur entreprise. Les organisations demandent une extension jusqu’à 18 ans.

Les petites entreprises en première ligne

Les syndicats ont également mis en avant la situation des TPE et PME du secteur. Dans ces structures, souvent dépourvues de représentation syndicale, la convention collective constitue l’unique cadre de protection salariale. « En refusant toute avancée significative au niveau de la branche, la chambre patronale fragilise ces entreprises et entretient des inégalités de traitement », ont-ils affirmé.

La question des aides publiques a aussi été soulevée. Les syndicats dénoncent des « milliards d’euros » versés aux entreprises du secteur sans contreparties sociales ou salariales jugées suffisantes. Dans le même temps, ils critiquent la volonté affichée de la chambre patronale de réitérer une demande de fonds de 250 000 euros à l’OPCO 2i, comme l’année dernière, pour financer des vidéos promotionnelles destinées à « rendre la branche attractive ». « L’attractivité repose d’abord sur des salaires décents et des conditions de travail respectueuses », ont-ils rappelé.

Un dialogue au point mort

Au-delà des chiffres, c’est le climat social qui inquiète. Les syndicats estiment que la pénibilité des métiers du Caoutchouc, pourtant connue de tous, ne fait l’objet d’aucune négociation concrète en matière de compensation ou de reconnaissance.

Face à ce qu’ils décrivent comme un blocage persistant, les organisations syndicales ont interpelé les pouvoirs publics sur l’utilisation des aides et réclament des « engagements concrets » pour garantir l’emploi et la pérennité industrielle de la branche.

À 14h, les délégations syndicales sont rentrées dans les locaux pour l’ultime négociation et la tension restait palpable.

À l’issue, après avoir fait porter la responsabilité de la pérennité de nos entreprises sur les salariés, la chambre patronale a laissé tomber le couperet : aucun bougé ! Une demande de rencontre avec la DGT et le ministère du Travail a été initiée par la FCE-CFDT, suivie par toutes les OS.

La mobilisation d’aujourd’hui pourrait n’être qu’un premier épisode d’une longue série.

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