Chaque 1er mars, la Journée internationale « zéro discrimination » nous rappelle une évidence trop souvent bafouée : l’égalité des droits et la dignité pour tous et toutes. Créée en 2014 à l’initiative de l’ONUSIDA, cette journée vise à dénoncer toutes les formes de discrimination qui fragilisent la cohésion sociale et empêchent l’accès effectif aux droits fondamentaux. Dix ans plus tard, le message reste malheureusement d’actualité, en particulier dans le monde du travail.
L’entreprise n’est pas un espace neutre. Elle peut être un formidable levier d’émancipation, d’autonomie et de reconnaissance, mais aussi un lieu où se cristallisent les inégalités et les exclusions. En France, le code du Travail et le code pénal reconnaissent 27 critères de discrimination, interdisant tout traitement défavorable basé sur ces motifs. Ces critères recoupent des réalités diverses comme l’origine, le sexe, l’âge, le handicap, l’orientation sexuelle, l’identité de genre, l’apparence, le lieu de résidence, ou encore les activités syndicales… Cette liste, longue et précise, dit une chose essentielle : les discriminations sont multiples, souvent croisées, et rarement visibles à première vue.
Dans l’entreprise, elles prennent des formes concrètes : à l’embauche, dans l’accès à la formation, dans l’évolution de carrière, dans les niveaux de rémunération, ou encore dans les conditions de travail. Elles peuvent être source de harcèlement, abîment les parcours professionnels, créent du déclassement, du silence, et parfois de la résignation. Elles affaiblissent aussi le collectif de travail, en opposant au lieu de rassembler.
Les dernières propositions du Medef nous démontrent que la lutte contre les discriminations est un combat syndical quotidien. Pour la FCE-CFDT, combattre la discrimination implique
de garantir l’égalité des droits et des protections pour tous les salariés, quels que soient leur âge, leurs expériences ou leurs parcours. Introduire des statuts particuliers pour les jeunes qui les exposeraient à des ruptures facilitées ou à un niveau de salaire moindre, ce n’est pas lutter contre les inégalités, c’est en créer de nouvelles. Dans un contexte où les discriminations croisées continuent de structurer le quotidien de nombreux salariés, la réponse ne peut pas être de réduire les droits.
La Journée internationale « zéro discrimination » doit être plus qu’un slogan : elle doit être le socle d’une transformation du travail, où l’égalité ne se négocie pas à la baisse mais s’élève comme un principe fondamental pour tous et toutes.





