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L’argent public doit servir l’emploi, pas les licenciements.

Laure Lamoureux, secrétaire générale de la FCE-CFDT présente l’édito sur l’argent public. Il doit servir l’Emploi, pas les licenciements. Les Aides Publiques sont indispensables pour investir dans les Compétences et dans l’avenir de notre industrie. Mais elles ne doivent pas être un chèque en blanc ! Elles doivent être transparentes, conditionnées, évaluées et contrôlées. Cette exigence de conditionnalité des aides au maintien de l’emploi est portée par la FCECFDT mais aussi par la CFDT et IndustriAll Europe. Pour la FCECFDT, les entreprises doivent rendre compte de l’utilisation des aides publiques et en informer les représentants des salariés.

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RISQUES INDUSTRIELS MAJEURS (RIM) : DÉPASSER LE MYTHE DE L’ERREUR HUMAINE

Les RIM ne sont jamais le fruit du hasard. Comme nous l’a rappelé l’explosion tragique sur le site d’Elkem à Saint-Fons, à chaque accident, les impacts sont visibles, parfois spectaculaires, souvent dramatiques. Mais les causes restent trop souvent invisibles, dissimulées derrière une explication simpliste : l’erreur humaine. Une notion qui évite d’interroger en profondeur l’organisation du travail, les choix industriels et les responsabilités collectives.

Pour la FCE-CFDT, cette lecture est non seulement insuffisante, mais dangereuse. Faire porter la faute sur l’individu, c’est masquer des défaillances systémiques bien connues : sous-effectifs, surcharge de travail, procédures éloignées du travail réel, manque de formation, recours accru à la sous-traitance. Ce ne sont pas les salariés qui défaillent, ce sont les systèmes qui les placent en situation de vulnérabilité.

Cette réalité est aujourd’hui aggravée par la multiplication des PSE dans l’industrie. Derrière les restructurations, ce sont des compétences qui quittent les sites, des savoir-faire qui disparaissent et des collectifs de travail fragilisés. Les équipes restantes doivent assumer davantage, avec moins de marges de manœuvre, pour transmettre, former et anticiper. Le risque industriel augmente alors de manière insidieuse, bien avant tout accident visible.

Dans un contexte de transformations industrielles profondes : transition énergétique, mutations technologiques et réorganisations permanentes ; continuer à invoquer l’erreur humaine revient à nier l’impact direct des choix économiques et managériaux sur la sécurité. La fragilisation des organisations, la perte de repères collectifs et la mise sous tension permanente des équipes constituent aujourd’hui des facteurs majeurs de risques.

C’est tout le sens de la journée Risques Industriels Majeurs du 27 janvier 2026, organisée par la FCE-CFDT, en lien avec l’Institut pour une culture de sécurité industrielle (ICSI). En choisissant le thème « Impacts visibles, causes invisibles », nous affirmons la nécessité de changer de regard : passer d’une culture de la faute à une culture de la compréhension, de la prévention et de l’apprentissage collectif.

Avec l’ICSI, nous partageons une conviction forte : la sécurité industrielle se construit à partir du travail réel, de la reconnaissance des compétences et d’un dialogue social exigeant. Pour la FCE-CFDT, il n’y a pas de performance industrielle durable sans emplois qualifiés, collectifs solides et maîtrise des RIM.

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